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Vos rares succès en disent beaucoup plus sur vous-même que vos nombreux échecs


La vie nous réserve parfois de ces sales tours. Au moment où vous vous en attendez le moins, le pire est certain de se produire ou est train de se produire. Les cygnes noirs sont partout, là où vous ne les attendez pas. Il y a donc comme une fatalité face à la vie à laquelle nous sommes constamment confrontés. Et comme nous sommes de grands consommateurs d’échecs, bien que nous tentions de les éviter à tout prix, ils nous collent à la peau.

Ce qui m’a mis sur la piste de la Théorie des tendances, ainsi que sur celle de la dindification et des travaux scientifiques que j’effectue avec Georges Vignaux du CNRS à propos du Web sémantique, ce ne sont pas mes échecs, mais mes succès. Je ne pense pas que nos échecs nous apprennent quoi que ce soit à propos de nous-mêmes et de notre avenir personnel, mais nos succès, oui. Je sais, la croyance populaire nous dit que nous apprenons plus de nos échecs que de nos succès, mais comme j’ai une tendance naturelle à penser de façon contre-intuitive, je rejette la croyance populaire. Je m’explique.

Tout au long de 2008, je me suis dit qu’il fallait que j’apprenne de mes échecs. J’ai mis de côté mon penchant naturel contre-intuitif et j’ai penché pour l’adage populaire. En voulant ne pas essuyer de nouveaux échecs, j’ai longuement réfléchi à propos de mes échecs passés, et j’ai encore mieux réussi mon dernier échec que tous les autres échecs précédents ! Merveilleux n’est-ce pas ? Résultat de tout ça ? Pour des raisons strictement alimentaires et hypothécaires, j’ai dû me dénicher un emploi au salaire minimum à 32 heures par semaine. Je sais, je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même et à personne d’autre. Je me suis donc dis ceci suite à une réflexion de Nassim Taleb :

Vous avez une véritable vie si et seulement si vous n’entrez en compétition avec personne, peu importe ce que vous faites.

Du moment que vous commencez à entrer en compétition avec qui que ce soit, vous n’êtes plus vous-même : vous êtes comme tout le monde. Si vous entrez en compétition avec vos collègues de travail, vos voisins, vos concurrents, etc., vous n’avez plus rien qui vous distingue, car vous faites le jeu de tout le monde. Être en compétition avec qui que ce soit ne vous distingue pas, mais vous place sur la courbe de la dindification et vous êtes euphorisé par tous les experts, spécialistes et gourous qui grenouillent tout autour de vous.

Des dizaines de milliers de gens sont en passe de devenir des experts autoproclamés en médias sociaux. Ce n’est donc pas l’endroit où il faut être, autrement vous serez en compétition avec ceux-ci dans votre coin de pays.

Du moment que vous êtes en compétition, vous n’avez plus de vie qui vous appartienne. Elle appartient à la compétition que vous poursuivez. Soyez innovateur bon sens ! Si beaucoup de gens deviennent des experts autoproclamés et se dirigent vers les médias sociaux pour gagner leur pitance, ne prenez pas le même chemin, car vous n’aurez tout simplement pas une vie qui vous appartienne en totalité. Vous aurez celle de la compétition.

Lorsque vous n’êtes en compétition avec personne, vous êtes celui ou celle qui établit les règles du jeu. Par exemple, et c’est peut-être cliché, mais la société Apple n’est en compétition avec personne : elle propose des produits à ce point innovateur que les autres doivent éventuellement entrer en compétition avec cette dernière. Si vous avez quoi que ce soit à proposer, faites-le en dehors de la tendance qui prévaut.

Que vous disent vos succès précédents ? Que vous étiez en mode innovation et à contre-courant et non en compétition. Lorsque vous n’êtes pas en compétition, vous avez le plein contrôle de votre vie. Mon affirmation est donc en pleine contradiction avec la tendance de la performance et du zéro défaut qui rampent dans nos sociétés occidentales.

Vos rares succès en disent beaucoup plus sur vous-même que tous vos nombreux échecs.

Innovez ! Que ce soit en art, en communication, en affaire, en danse, en théâtre, en musique, etc. Surtout, pensez contre-intuitivement, c’est la seule façon de ne pas se dindifier.

P.S. Ce billet n’a strictement rien à voir avec tous les trucs de développement ou de croissance personnelle que je considère comme de la fumisterie érigée en système. Il se fonde sur les notions de cygne noir et d’euphorisation des tendances.

  1. 10 mai 2010 à 11:17 | #1

    Vraiment très intéressant comme point de vu ! Ça amène à réfléchir et à se remettre en mode innovation pour précéder la vague. Une autre façon de dire : “en quoi vous différenciez-vous ?”, sempiternelle question en marketing et qui donne du fil à retordre à bien des gens. Elle est pourtant la clé du succès !

    Cependant, bien que j’aime votre façon de la présenter, je n’adhère pas à votre philosophie qui dit qu’on n’apprend rien de ses échecs. Personnellement, les deux m’ont beaucoup apporté et m’ont permis de me dépasser et de mieux me comprendre.

  2. Patrick Delsaut
    10 mai 2010 à 11:43 | #2

    Nos échecs nous apprennent à ne plus refaire les mêmes erreurs et, à ce titre, ils sont riches d’enseignement; ils nous permettent ainsi de progresser dans le bon sens.

    Nos succès, par contre, nous offrent un autre genre d’enseignement; ils nous donnent confiance en nous-mêmes et ainsi, ils nous ouvrent toutes grandes les portes de l’inovation !

    Les plus grands penseurs, les plus grands inventeurs, ceux qui ont guidé l’humanité vers les plus hauts sommets de la connaissance et du progrès, furent de grands inovateurs qui ont appris bien plus de leurs succès que de leurs échecs. Pourquoi ? Parce qu’ils étaient positifs et non défaitistes mais aussi et surtout parce que seules leurs découvertes étaient importantes à leurs yeux et non celles des autres !

    C’est en pensant ainsi que l’on, devient un gagnant, un winner !

    Pierre Fraser a entièrement raison.
    Suivez son conseil et vous deviendrez vous aussi des gagnants, des winners !

  3. 10 mai 2010 à 3:21 | #3

    hum du développement personnel, un sujet très souvent abordé, mais jamais écouté à sa juste valeur.

  1. Pas encore de rétrolien.

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